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VOTRE SAGA YOUNGTIMER : PEUGEOT 505 TURBO INJECTION (1983-1989)

  • octobre 22, 2020
  • sur Alexandre

A une époque où des choix hasardeux l’ont conduit au bord du gouffre, Peugeot décide de contre attaquer et de jouer la carte du sport malgré son image bourgeoise et une clientèle hyper conservatrice. La 505 fait partie de ce nouveau virage. Découvrons cette berline familiale classique devenue... délurée.

 

La genèse de cette (r)évolution.

 

Il y avait déjà eu de la part du Lion des tentatives (timides!) de « muscler » sa grande familiale propulsion typiquement Peugeot, avec une bien fade version GTI (130 ch) et même une version V6 dotée du V6 PRV (170 ch), mais c’est avec la 505 Turbo Injection que la marque produit, enfin, une vraie sportive. Son nom annonce les nouvelles ambitions de Peugeot, qui désormais joue son va tout sur des technologies encore rares pour l’époque : le turbo et l’injection.

 

Le tour du “propriétaire” de la 505 Turbo.

 

Par rapport à une 505 classique,vue de l’extérieur la 505 Turbo Injection se caractérise par une carrosserie bicolore, un logo turbo à la base des montants de custode et des jantes en alu remarquables. A l’intérieur, on retrouve la 505 telle qu’on la connaît déjà, sans fantaisie, dans la grande tradition austère des productions du constructeur sochalien . Un léger kit carrosserie la réhausse et permet de distinguer cette version avec des pare-chocs spécifique et une carrosserie habillée d’une teinte gris foncé sur les pare-chocs, le bas de caisse et le bas des portes, et gris clair pour le reste.

 

De discrets autocollants « Turbo » prennent place sur la custode. Peugeot l'habille en prime d’un becquet et de jantes alliage pour l’équiper de Michelin TRX. L’habitacle reçoit lui aussi une présentation soignée et spécifique: la 505 Turbo Injection bénéficie d’une planche de bord conçue spécialement pour elle, d’un ordinateur de bord, et de sièges avant redessinés qu’il est aussi possible de choisir en cuir.

 

Côté moteur.Un petit accent anglo-saxon pour cette Peugeot.

 

Dans cette voiture française la mécanique est à l’origine une production de chez Chrysler pour son modèle 160 en 1970! Il s'agit d'un bloc en fonte non chemisé, extrêmement rigide, qui a réussi à résister à plus de 300 ch dans sa version ROC. Si le bloc est en fonte, sa culasse est en alu et fait corps avec un arbre à cames en tête mû par chaîne. L'alimentation passe par une injection électronique Bosch L-Jetronic.

 

Mais pour augmenter encore la puissance obtenue, les ingénieurs de Peugeot, en collaboration avec Porsche, vont lui adjoindre un turbocompresseur Garett T3 (qui comme ses semblables à l’époque souffre d’un temps de réponse avec lequel il faut composer pour profiter au mieux des sensations produites). Ce moteur développe alors 150 ch. Pour la boîte de vitesse, ses concepteurs adoptent une boîte manuelle à 5 rapports. Enfin, un différentiel à glissement limité vient compléter la panoplie de cette sportive. Les performances annoncées sont sérieuses pour l'époque avec plus de 200 km/h en vitesse de pointe, et moins de 29,7 secondes pour le kilomètre départ arrêté.

 

Les évolutions ultérieures de cette sportive Peugeot 505 Turbo.

 

Commercialisée à l'automne 1982 avec 150 ch, le Lion pousse dès 1984 la puissance du moteur à 160 ch grâce à l'adoption d'un échangeur air-air.
A partir de 1985, les aficionados peuvent passer commande d’un kit PTS de 200 ch, conçu et développé par le préparateur Danielson. En partant du moteur et du turbo d'origine, il en a modifié les réglages et monté, lui aussi, un échangeur air-air.

 

En 1986, Peugeot rajeunit sa gamme 505 avec une partie arrière légèrement modifiée: dessin des feux et boucliers revisités. L'intérieur bénéficie des changements les plus visibles et progresse tant en équipements qu'en qualité perçue. Les Peugeot 505 Turbo développent de série 180 ch. Les performances progressent avec 210km/h, et un 1000 mètres départ arrêté parcouru en 29,2 secondes) pendant que la consommation régresse de manière drastique (un point noir qui faisait hésiter pas mal d’acheteurs potentiels). La transmission possède des rapports allongés ce qui explique la baisse de consommation plus importante que la hausse des performances. Dans le même temps, Peugeot commercialise une 505 V6 vendue au même tarif.

 

En 1989, Peugeot arrête la production des 505 Turbo Injection et les derniers exemplaires encore en stock sont commercialisés pendant l’année modèle 1990.

 

Conclusion.

 

Entre 1983 et 1989, 24 681 Peugeot 505 Turbo Injection ont été construites, ce qui n’est pas si mal pour une sportive, qui plus est basée sur une auto en fin de carrière (la 505 est née en 1979). Aujourd’hui, si vous en trouvez un modèle, sachez que cette auto qui représente la dernière propulsion de Peugeot, reste performante et habitable. Si vous dénichez l’un des 2500 exemplaires « 150 chevaux », vous devrez prévoir un budget carburant conséquent. Sinon vous pouvez aussi opter pour la 160 ch, voire la 180. Quand à la rarissime version « 200 chevaux » kit PTS, vous devrez faire preuve de patience pour en découvrir une...