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VOTRE SAGA YOUNGTIMER: FIAT RITMO ABARTH 125 TC-130 TC (1981-1987)

  • janvier 14, 2021
  • sur Alexandre

Il n’y avait pas que la Peugeot 205 GTI ou la Golf GTI à la grande époque des “petites” sportives des années 80. D’autres bombes (dont certaines fort peu connues) ont fait le bonheur de leurs conducteurs. La Fiat Ritmo Abarth est de celles, qui dans l’ombre (à défaut de faire de l’ombre aux stars) ont tracé leur petit bonhomme de chemin.

 



La naissance de la Fiat Ritmo Abarth.

Dessinée par Bertone, la berline Ritmo est née en 1978. Elle est très compacte, avec des angles vifs et des extrémités plus douces et rondes qui tranchent avec la ligne de caisse générale très rectiligne. On remarque aussi beaucoup de plastiques proéminents, en particulier les pare-chocs qui entourent phares et feux. Ces pare-chocs innovants sont composés à 80% de polypropylène. L’élasticité est assurée grâce à 20% de caoutchouc afin de garantir l’absorption des chocs sans dégradation jusqu’à 6km/h. Les phares ronds et les poignées de portes rondes ajoutent une belle touche d’originalité quand les concurrents optent de leur côté pour du carré ou du rectangulaire. Par contre au niveau motorisation, pas de feu d'artifice à attendre, son moteur de 1585 cm³ culmine à 78 ch.

 

En 81, Fiat qui a confié son image de compétition à Lancia, décide cependant de refaire appel au sorcier Carlo Abarth. Le châssis de l’auto est abaissé, et s’appuie sur des Pirelli et des jantes alliage spécifiques. Un aileron costaud apparaît sur la malle et des freins ventilés sont au programme. Les performances font un bond et la Golf GTI est larguée ! La sage Ritmo devient la Ritmo Abarth 125 TC (jusqu’à fin 82). Ensuite la gamme Ritmo est restylée et l’Abarth devient 130 TC. Sous le capot, le 2.0 l 8 soupapes double arbres, reçoit un 2ème carburateur double corps (une particularité parmi les sportives de l’époque qui s’appuient, pour l’immense majorité, sur l’injection) et un allumage Marelli pour gagner 5 ch. En parallèle, la Ritmo s’allège de 30 kg. Le 0 à 100 est signé en 7,7 secondes et le 1000m flirte avec les 29 secondes, quant à la vitesse de pointe, elle atteint les 200 km/h.

 

Sur la route avec cette Fiat Abarth. Il faut du muscle!

La direction à crémaillère est non assistée et éprouvante pour les manœuvres à vitesse réduite. Le moteur se révèle souple en ville mais porté sur la boisson. La Ritmo Abarth préfère nettement les petites (et grandes) routes. Là, elle fait montre d'une tenue de route bien moins mauvaise qu'on pourrait le craindre. La suspension revue contient mieux le roulis et la tendance au sous-virage est moins marquée. La motricité est plutôt bonne malgré quelques retours de couple au volant et le freinage n’est jamais pris en défaut. En conduite sportive, c'est surtout le maintien des sièges qui pose problème, ou plus exactement son absence ! Disponible en option, à un tarif hautement rédhibitoire, les jolis baquets Recaro sont le choix privilégié par les amateurs (fortunés) de conduite sportive sur routes sinueuses. Le train avant n'est pas aussi précis qu'on peut le souhaiter et se montre un peu trop chargé pour offrir un comportement réellement sportif. On se console donc avec la vivacité et la sonorité du moteur qui permet en grande partie d'oublier tous les autres aspects moins affriolants. La Fiat Ritmo Abarth ne manque pas de tempérament, au contraire, mais sa fougue aurait mérité d'être mieux canalisée. D'un autre côté, le rodéo musclé que requiert sa conduite fait partie du piment et du tempérament attendu d'une transalpine sportive.

 

Conclusion

Voici une petite sportive qui a trop vite été oubliée par les manuels de l’histoire automobile européenne. Produite entre 1983 et 1987, la Ritmo Abarth 130 TC n'a pas connu un succès retentissant en France. Au total, seuls 13.158 exemplaires seront vendus en 5 ans de commercialisation. Évidemment, elle n'est pas parfaite ! Le train avant est un peu pénalisé par le poids du 2 litres, et la motricité est souvent limitée sur le mouillé ! il faut surtout, comme toute bonne sportive, apprendre à la dompter. L'intérieur n'est pas un modèle du genre, même si l'instrumentation est complète. Sa consommation est en plus déraisonnable selon nos critères d’aujourd’hui … bref, c’est une sportive ! Malheureusement, comme beaucoup d’automobiles italiennes des années 80, la corrosion a eu raison de beaucoup d'entre elles. Mais pour les exemplaires qui ont survécu, à environ 3000 euros, elle reste une très bonne sportive à conserver et à restaurer.