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VOTRE SAGA YOUNGTIMER : DELOREAN DMC-12 (1981-1983)

  • décembre 7, 2020
  • sur Alexandre

Parlerait-on toujours autant de cette voiture culte si la saga cinématographique Retour Vers le Futur n’était pas passée par là ? Toujours est-il que la DMC-12 est une automobile hors du temps.

 



La genèse de la DeLorean DMC-12

En 1973 John Zachary DeLorean, alors vice-président du groupe General Motors Company, démissionne dans le but de créer sa propre marque automobile. Son objectif: commercialiser une voiture de sport différente de la production de l’époque avec pour caractéristiques un moteur en position arrière, une carrosserie en acier inoxydable, des portières papillons et une sécurité inégalée.

 

Le feuilleton du développement

En janvier 1974, il crée à Detroit sa société la John Z. De Lorean Corporation. Une filiale de cette société rachète ensuite les droits d’un matériau composite novateur destiné au châssis de la future DeLorean et Bill Collins est engagé comme concepteur et chef de projet. Faute de pouvoir trouver des investisseurs dans sa patrie et après différentes tentatives dans d’autres pays étrangers, De Lorean part en Irlande du Nord où le gouvernement anglais lui déroule le tapis rouge. Grâce aux subventions publiques obtenues, la DeLorean Motors Company s'installe en Irlande, à Dunmurry dans la banlieue de Belfast en 1975. Son projet de coupé sportif abordable et innovant prévoit des volumes de ventes considérables, principalement aux Etats-Unis. Fruit d'une collaboration internationale trop disséminée, le projet se montre rapidement plus compliqué que prévu à mener à son terme. Pourtant, malgré des efforts marketing soutenus et une consécration cinématographique dans le rôle de "machine à remonter le temps" de la trilogie des films "Retour vers le futur", la DeLorean DMC-12 va transformer ce rêve américain en véritable cauchemar ! Mais n’anticipons pas !

 

Pour le design final de son coupé, De Lorean fait finalement appel en 1975 à Giorgetto Giugiaro, chez Ital Design, qui propose plusieurs croquis et une maquette fidèle à ses productions du moment, (Lamborghini Countach, Lotus Esprit, Bmw M1…) une voiture au style aérodynamique très acéré.

 

En 1976, un premier prototype basé sur un moteur 4 cylindres Citroën donne une vision assez précise de ce que sera la voiture de série. Deux particularités esthétiques la caractérisent. Tout d'abord les portes papillons voulues par son concepteur qui donnent un style élitiste à la voiture, ensuite sa carrosserie non peinte, en inox brossé brut.
En 1981, soit 8 ans plus tard et après de multiples trouvailles technologiques imaginées mais irréalisables, la production débute enfin. Mais la qualité de la main-d'œuvre locale n’est pas des meilleures et les premières DMC-12 livrées aux USA sont démontées puis réassemblées dans des « Quality centers » créés en urgence appelés « Quack ». La majorité des problèmes finissent quand même par être résolus en 1982. Les DMC-12 sont alors proposées avec une garantie de cinq ans ou 80 000 km. De Lorean souhaite ainsi concurrencer les Corvette Stingray ainsi que les Porsche 911.

 

L’intérieur de la DMC-12. Sport et Classe.

L'habitacle de la DeLorean offre à moindre coût une ambiance digne des supercars des années soixante dix. L'intérieur, est entièrement recouvert de cuir noir (un intérieur gris sera introduit un peu plus tard) et se remarque par son élégance et sa position de conduite très basse facilement réglable et très agréable. En plus, l'équipement de série est très complet pour une voiture qui se vend à moins de 20 000 dollars de l’époque: cuir, vitres et rétros électriques, lecteur cassette avec radio am/fm, air conditionné, verrouillage centralisé à télécommande, etc..

 

Côté moteur. C’est la (mauvaise) surprise.

Bien que américaine, la DeLorean n'est pas animée par un gros V8. Le premier prototype, basé sur un moteur 4 cylindres Citroën,est rapidement jugé trop limité. En 1977, un deuxième prototype voit le jour, cette fois animé par un moteur V6 Franco-Suédois. C’est lui qui finalement est retenu pour la mise en production. Mais ce choix constitue l'une des grandes erreurs de De Lorean dans la réalisation de sa DMC-12. Car il s’agit du fameux et tristement célèbre PRV (pour Peugeot-Renault et Volvo) dont la modeste puissance et la faible cylindrée semblent bien dérisoires pour s'attaquer au marché américain des voitures de sport, habitué aux V8 généreusement puissants. Certes, la DeLorean est un poids-plume face à ses rivales d'alors et son implantation en position centrale arrière offre l'avantage d'une noble architecture issue de la compétition. Mais la cylindrée totale s'établit modestement à 2849 cm3. L'alimentation est assurée par une injection Bosch K-Jetronic et le catalyseur est installé d'office pour le marché US. Le rendement n'a rien d'exceptionnel, tout comme le taux de compression de 8,8:1, et en plus cette mécanique ne délivre que 130 ch au régime de 5500 tr/mn pour un maigre couple de 22 Mkg, toutefois disponible à 2750 tr/mn. En clair, ce moteur n'a rien de sportif et n’est pas du tout adapté.

 

Pour la transmission il est proposé un choix entre deux boîtes: une 5 vitesses manuelle, ou une 3 vitesses automatique. Au lancement, il est prévu 50 % des DeLorean en boîte automatique, mais la boîte manuelle est finalement plus appréciée et se retouve montée dans 70 % des véhicules produits. Avec une masse totale de 1233 kg, les performances de la DeLorean sont quelconques, la vitesse maximale est de 210 km/h et la voiture accélère de 0 à 100 Km en 10" environ. En plus le réservoir de 51 L n’autorise une autonomie limitée

 

DeLorean DMC-12 suite et fin

Puis tout se précipite fin 1982, la voiture ne se vend pas, le marché américain boude l’auto et les financements anglais sont stoppés. Le constructeur fait faillite et les chaînes de fabrication s’arrêtent le 24 décembre 1982, veille de Noël. Les chiffres officiels rapportent que 8583 DMC-12 ont été fabriquées. La société Consolidate International est chargée de terminer l’assemblage des dernières autos. Les principales pièces sont stockées pendant plus de 10 ans après avoir été rapatriées aux USA à Columbus. Puis en 1997, ces pièces sont rachetées par la DeLorean Motor Company, une nouvelle société reprenant le nom d’origine. Cette entreprise se donne pour objectif de les distribuer et de produire de nouvelles voitures. A ce jour, 99% des pièces sont disponibles…

 

Conclusion

Cette voiture hors du temps demeure une icône pour toute une génération et s'arrache au prix fort aux Etats-Unis et dans les rares autres pays où on peut encore en trouver quelques-unes. Il est regrettable que cette voiture n'ait pas rencontré le succès car ses qualités sont réelles et intéressantes. Son moteur, il est vrai peu poussé, est robuste et fiable, sa carrosserie ne craint pas la rouille (ce qui est plutôt rare et appréciable pour une ancienne), son confort de roulage est tout à fait honnête et son châssis procure encore un plaisir certain à son conducteur.

 

Pour le grand public elle restera à jamais la star de Retour vers le futur. Et pour ses quelques collectionneurs, ce modèle du passé demeure assurément une valeur sûre… pour le futur.