Bienvenue sur Auto-ies.com

VOTRE SAGA YOUNGTIMER : ALPINE A310 V6 (1977-1985)

  • août 13, 2020
  • sur Alexandre

En 1971, Alpine dévoile une nouvelle sportive appelée à remplacer sa berlinette Alpine A110. Il s’agit de l’Alpine A310 d’abord équipée (par défaut !) du moteur 4 cylindres 1600 de la Renault 16 TS. Malheureusement pour la marque, cette nouvelle venue ne parviendra jamais à remplacer la berlinette A110 dans le cœur des passionnés.



Alpine A310 V6. La genèse.

En 1977, Renault (propriétaire désormais de la marque) commercialise enfin celle qui aurait dû naître en 1971: l'Alpine A310 V6. Plus performante, avec un moteur 6 cylindres et une ligne retouchée, elle doit permettre à Alpine de revenir concurrencer d’autres sportives comme les Porsche 911.

 

A l'opposé des lignes rondes très typées sixties de la berlinette A110 , l'Alpine A310 produite depuis 1971 se distingue par une ligne très aérodynamique et un arrière ramassé. Son dessin est très original avec notamment pour la face avant 6 phares cachés derrière une vitre en plexiglas. Les feux arrière sont repris de ceux déjà montés sur la Renault 8 Gordini.

 

Pour sa nouvelle réalisation en V6, Alpine a multiplié les études de style. Par exemple très longtemps, pendant le développement de l'auto, il est envisagé des phares escamotables avant, (à la mode dans les années 70) et un arrière intégralement redessiné du type fastback. Mais faute de budget et de fiabilité, on revient à la ligne originelle de l'Alpine A310 qui plaît aux clients et au public.

 

Pour sa première année de commercialisation, l'Alpine A310 V6 dispose d'une présentation spécifique à peine différente de la version quatre cylindres. Seuls les feux avant, toujours sous plexiglas (mais la surface a été réduite) sont ramenés à 4 feux carrés. Les très belles jantes Alpine à trois goujons et trois fentes sont aussi d'un dessin inédit. L'arrière hérite aussi d'un becquet pour pallier l'augmentation des performances et donc des contraintes aérodynamiques.

 

L'habitacle du coupé Alpine A310 V6 est également revu et gagne en équipements et présentation : lève-vitres électriques, pare-brise feuilleté, sièges " pétale ", autoradio de nouveau sur la planche de bord. En fait, les quelques changements opérés sur la V6 versus la version 4 cylindres apporte une jolie ligne encore améliorée.

 

Arrive enfin ce fameux V6 ! Objet de toutes les polémiques.

Ce moteur vient de la franco-suédoise de mécanique, il s'agit du PRV Peugeot-Renault-Volvo.
Comme sur la Renault 30. Un 2.6 litres doté d’une alimentation atypique, un carburateur double corps et un simple corps. Avec 150 chevaux, Il est à lui seul une malédiction. Mal né, construit pour être un V8 et finalement amputé de deux cylindres, il “brille” par sa lourdeur, son manque de puissance et son inertie extrêmement désagréable. Ses montées en régime sont laborieuses, il est d’un fonctionnement rugueux et bien que doté de 6 cylindres sa sonorité manque de mélodieux.

 

Pour seconder ce V6, il lui est accolé une boîte de vitesses à 4 rapports transfuge de la Renault 30 TS. Malgré tout, les performances offertes par cet ensemble moteur-boîte sont pour l'époque convaincantes. Résultat aussi à créditer à l'aérodynamique soignée de l'Alpine : 225 km/h et moins de 29 secondes pour le kilomètre départ arrêté. Solidement installée sur ses larges pneumatiques, elle est beaucoup plus lourde que la précédente A 310 (155 kg de plus). Son équilibre, aussi, est nouveau car le moteur est moins en porte-à-faux arrière, la voiture vire très à plat, comme sur des rails. Plus rassurante mais moins agile que la première génération 4 cylindres. A noter, le PRV6 de l’Alpine A 310 n’évoluera plus, et conservera jusqu’en 1985 une alimentation par deux carburateurs. Seule concession à la modernité, la voiture gagnera une boîte à 5 vitesses.

 

Alpine A310 V6. Les évolutions ultérieures.

En 1980, l'A310 récupère des suspensions plus adaptées à son image sportive, celles de la Renault 5 Turbo. Pour le Salon de Paris 1982 apparaît l'A310 GT, équipée d'un kit dit “large”. Il se distingue extérieurement par ses ailes larges, ses marchepieds et un imposant spoiler avant. Ce look de Groupe 4 initié par le Centre Alpine plaît tout de suite à la maison mère Renault qui l’adopte très vite “officiellement”. Bonne pioche, car même si le prix de ce kit est conséquent, il équipe rapidement plus de 80% des A310 neuves. Du coup le ramage( le fameux V6) ne vaut alors plus du tout le plumage (le kit carrosserie).

 

Le Centre Alpine se remet donc au travail sur la partie moteur. Que pensez-vous qu’il va arriver ? Les techniciens vont piocher dans la banque d’organe dédiée au V6 PRV. Si chez Renault le PRV est un 2.6 litres, Volvo a travaillé sur une évolution 2.8. Alimentée par deux carburateurs triple corps Weber, plus des culasses et une distribution modifiée. Il fournit une puissance plus acceptable de 193 chevaux. Amplement suffisant pour une voiture de seulement une tonne. Le montage de ce moteur sur l’A310 s'accompagne d'énormes pneus Pirelli P7 et d'amortisseurs réglables. C'est d’ailleurs comme cela que l'A310 était prévue à sa conception pour concurrencer la Porsche 911. Malheureusement, seulement une quarantaine de “200 chevaux”seront produites.

 

LA CONCLUSION, 35 ans plus tard

L’A310 reste une Alpine, une vraie.
Les points positifs: sa ligne,ses performances, son poids léger,la fiabilité de son V6 dont l’entretien est simple.
Les points négatifs: une finition digne de l’ex-Allemagne de l’Est, un moteur peu excitant et le coût de ses pneus TRX.

 

Le temps est passé sur cette auto mal née à un mauvais moment pour son concepteur (Jean Rédélé) obligé de céder sa marque à un généraliste (Renault) qui n’a pas su détecter tout le potentiel de son acquisition. Critiquée à sa sortie, l'Alpine A310 V6 est désormais une youngtimer affriolante et fait oublier ses défauts d'autrefois pour rappeler à tous qu'elle était avant tout une GT performante, confortable et homogène. En plus, les différentes versions permettent à chacun de trouver l'Alpine A310 de ses rêves.