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VOTRE SAGA YOUNGTIMER : ALFA ROMEO 75 TURBO 1986-1992

  • octobre 29, 2020
  • sur Alexandre

Au début des années 80 Alfa Romeo est en grande difficulté, sa gamme est vieillissante et les finances de la marque ne sont guère florissantes. Pas d’autre choix que de conserver la base vieillissante de la Giulietta pour sa remplaçante, la 75.

 



Alfa Romeo 75 Turbo, la genèse

L’Alfa Romeo 75 est née en 1985, pour remplacer la Giulietta. Cependant, les difficultées financières d’Alfa Romeo ont marqué la conception de la 75 qui se voit contraint de reprendre la base de sa devancière, à savoir son architecture et sa base mécanique. En fait la 75 est une Giulietta restylée, qui elle-même était déjà issue de l’Alfetta de 1972. Sous sa robe moderne se cache une conception qui a déjà dix ans… Pourtant l’Alfa Romeo 75 devient rapidement un succès commercial en Italie comme à l’étranger. Encouragé par cette réussite, Alfa Romeo enrichit sa gamme en 1986 avec un quatre cylindres de 1,8 litres turbocompressé de 155Cv et propose aussi ce modèle sur le marché nord-américain dans sa version Milano. Une légende est née…

 

Un look bien à elle

La ligne est atypique, mais dans la continuité des dessins carrés de la marque italienne. A l’avant, entre les optiques en forme de trapèze on retrouve une large grille et des bandes horizontales tandis qu’à l’arrière, un trait réfléchissant assure la jonction entre les feux arrière, eux aussi en forme de trapèze. Comme sur d’autres modèles historiques de la marque, l’échappement est central. Bien sûr, l’ensemble donne un design relativement terne mais qui attire la sympathie pour les automobilistes qui aiment se démarquer.

 

L’habitacle. Années 80 à la sauce italienne.

L’intérieur est un peu … particulier avec ses boutons de lèves-vitres placés au plafond, son frein à main tout droit sorti d’un cockpit d’avion et son ordinateur de bord à l’ancienne. Les fans d’intérieur automobile fonctionnel et habitable, de finition soignée et de qualité de fabrication au-dessus de la moyenne peuvent tourner les talons…
L’équipement va des vitres électriques à la fermeture centralisée des portes mais fait l’impasse sur la direction assistée. Le coffre gigantesque est malheureusement peu pratique d’accès.

 

Motorisation 75 Turbo. Du pur Alfa Romeo.

Faisons connaissance avec ce fameux 1750 cm3: ce moteur positionné longitudinalement est en alliage léger à double arbre à came en tête. Il s’oxygène grâce à un turbocompresseur Garrett T3 Intercooler dont la principale caractéristique est son temps de réponse. Mais lorsqu’il se déclenche entre 2500 et 3000 tours/min, il "envoie" du lourd ! Ce turbo rend ce moteur bien plus pointu à conduire que le linéaire V6, bien plus puissant. Le refroidissement des soupapes d’échappement est assuré grâce au sodium, le
radiateur est décalé pour une meilleure lubrification et l’injection électronique propose une commande numérique.

 

Pour l’économie de carburant, il y a le système tout simple de « cut-off » : l’injection cesse d’alimenter les cylindres en phase de décélération. La consommation moyenne reste de l’ordre de 10 litres aux 100 km.
La boîte manuelle à cinq rapports manque de précision. La disposition boîte-embrayage-différentiel dans un unique bloc à l’arrière, permet une répartition des masses optimale, mais rend le maniement de cette boîte très imprécis.
En revanche il ne faut que 7,5 secondes pour abattre le 0 à 100 km/h. Un moteur joyeux !

 

La Turbo 75 on the road

Sur l’asphalte, l’architecture ancienne avoue son âge: la maîtrise du roulis n'est pas son point fort. L’arrière se distingue par la présence du célèbre essieu rigide "de Dion" transaxle, bien connu des alfistes. Les suspensions sont fermes, davantage typées sport que confort, mais sans que cela se ressente sur les longs trajets. Le maintien des sièges contribue aussi au plaisir pris au volant, même si une meilleure position de conduite aurait été la bienvenue.

 

L’Alfa 75 Turbo a du caractère: son 4 cylindres turbo rageur et sa puissance qui arrive d’un seul coup sans prévenir ne sont pas à confier à des conducteurs novices. Le tempétueux train arrière n’attend pas votre autorisation pour décrocher et passer devant le train avant, lui-même parfois débordé par toute cette cavalerie. Les passages en courbe sont…sportifs. Ce caractère joueur apporte son lot de sensations et de sueurs froides.

 

Preuve d’un véritable tempérament sportif, l’autobloquant ZF est gracieusement fourni en série. Si sur le sec ce rodéo reste largement gérable (la plupart du temps !), sur chaussée humide, il en est tout autrement. La 75 devient une véritable savonnette mouillée sur une toile cirée… à ne surtout pas mettre entre toutes les mains. Indomptable cette 75 Turbo? Les professionnels du contre-braquage s’en donnent à cœur joie ! Par contre, l’absence de direction assistée (même en option) donne l’impression de conduire un semi-remorque et ne facilite pas les trajets urbains et surtout les créneaux.

 

Les évolutions ultérieures de la 75 Turbo

En 1987, Alfa Romeo propose la 75 Turbo Evoluzione, un modèle limité à 500 exemplaires doté d'une cylindrée de 1.761cm3. Il est avant tout produit pour l’homologation du modèle en compétition sur le groupe A. Moins exclusive, la 75 America est proposée cette même année aux Etats-Unis.

 

Cette version 75 America se distingue par bien des détails. Un logo America sur la carrosserie, des bas de caisse, des passages de roue élargis, des pare-chocs spécifiques à amortisseurs de choc (obligatoires aux USA), un accoudoir central, un échappement latéral et de nouvelles jantes 15 pouces en option. Un réservoir plus gros cubant 60 litres prend place dans le coffre diminuant beaucoup sa capacité de chargement. De nouveaux sièges font leur apparition, habillés par un velours gris/bleu à coutures rouge.
La phase 2 sort fin 89 avec quelques subtiles retouches esthétiques, très minimes.Les différences entre les versions America et Europa au niveau de la conduite sont importantes, l’America étant beaucoup moins brutale et plus typée confort.

 

En 1991, une nouvelle version apparaît. Appelée en Italie Potenziata, qui peut se traduire par améliorée. Chez nous elle est baptisée Quadrifoglio Verde. La carrosserie est basée sur la phase 2. La principale modification mécanique concerne la gestion électronique, équipée d’une nouvelle sonde de température sur l’échangeur air/air. Son rôle ajuste la pression du turbo selon la température du moteur. Suffisant pour gagner 10 chevaux supplémentaires. Le train arrière est lui aussi un peu modifié et la direction assistée est désormais accessible en option. En toute fin de carrière, une version limitée à mille exemplaires voit le jour. De nouveaux rétroviseurs de la couleur de la carrosserie, des jantes spéciales en alliage léger, de nouveaux sièges Recaro et une plaque numérotée apportent leur package d’exclusivité.

 

Conclusion

L’Alfa Romeo 75 est souvent considérée comme la dernière vraie Alfa Romeo, car elle est la dernière à offrir une propulsion alors que les modèles qui vont suivre optent pour la traction avant.

 

La 75 aura connu une carrière en dents de scie, la finition est digne d’une voiture italienne, et bien que son constructeur ait tenté de l’améliorer, jamais la voiture ne pourra rivaliser avec ses concurrentes. Les problèmes de fiabilité électrique et de rouille finiront de casser la réputation du modèle. Aujourd’hui, la 75 est devenue une voiture rare, une véritable youngtimer à sauver d’urgence. Ses qualités font oublier ses défauts.
Très important à savoir: il faut compter au maximum 3000 € pour un modèle en excellent état et peu kilométré, et la majorité des modèles se négocient bien en dessous.