Bienvenue sur Auto-ies.com

SAGA YOUNGTIMER : LA RENAULT SUPER 5 GT TURBO

  • avril 27, 2020
  • sur Alexandre

Les youngtimers sont des véhicules dont les plus anciens datent des années 1980. Ils sont devenus ou vont devenir des collectors, car leur production a cessé depuis de nombreuses années. Pour obtenir ce vocable de “youngtimer”, ces automobiles doivent avoir été particulièrement populaires dans les années 80 et même 90. Les youngtimers sont donc souvent des véhicules (en général des sportives de l’époque) qui ont aujourd'hui plus ou moins la quarantaine et sont devenus rares. Enfin, côté pécuniaire, les youngtimers doivent être faciles à entretenir et/ou à restaurer. A savoir, les vraies youngtimers sont des voitures qui disposent toujours de leurs pièces d'origine.



Faisons plus ample connaissance avec l’élue du jour

A ses débuts, ce modèle est uniquement vendu pour les besoins des pilotes de la Coupe Renault Elf Turbo. Sa version “civile” la GT Turbo de route n'arrive qu'en février 1985. Bien dans le moule des sportives populaires de Renault, comme par exemple les légendaires Gordini, les premiers modèles de la version route restent très sobres et spartiates. Le moteur retenu est le 4 cylindres en ligne de 8 soupapes alimenté par un carburateur Solex 32 DIS simple corps associé à un turbo Garret T2 (0,7 bar) avec échangeur air/air.

Il développe à ses débuts 115 ch. Adversaire désignée de la célèbre Peugeot 205 GTI, esthétiquement, la GT Turbo de Renault s’offre un bien joli kit extérieur, celui de la GT Turbo Coupe de compétition. En plus de ce kit carrosserie, ses créateurs lui offrent un dégradé sur les flancs surligné par un pimpant liseré rouge. Un seul rétroviseur extérieur (côté conducteur) est ajouté de la même couleur que l’ensemble. Au niveau des roues, on découvre des jantes alu de 13 pouces qui se substituent aux jantes en tôle de la R5 GT Turbo Coupe.

 

L’intérieur de la GT Turbo est nettement moins aguichant. C’est le royaume des couleurs ternes et tristes et la finition se révèle carrément bas de gamme, tout entière dédiée aux plastiques bon marché et à des assemblages bâclés.
Heureusement, les performances sont au rendez-vous et forte de ses 200 km/h chrono officiels, elle va attirer nombre d’acheteurs friands de ce type de bombe routière. La phase 2 verra ensuite la GT Turbo afficher 120 ch.

 

La GT Turbo sur la route

Sous le capot, le turbo Garrett transforme le vieux moteur Cléon tout en fonte. Ce 4 cylindres de 1,4 litre développe ainsi 115 ch (puis 120 ch). Les performances obtenues sont de très haut niveau. De plus, cette mécanique au fort tempérament, garde un caractère agréable : douce à bas régimes, puis brutale dès que le turbo se met en route. Un rêve pour les amateurs de sensations fortes. Le comportement, sans avoir l’agilité de sa rivale française la Peugeot 205, est retravaillé pour plus d’efficacité. Le faible poids de l'auto assure des montées en régime époustouflantes. La plage d'utilisation idéale est relativement courte puisqu'elle va de 2500 à 5500 trs/mn et le temps de réponse du turbo reste important.

 

La direction, non assistée, est directe et précise mais devient un peu trop légère à grande vitesse. Son comportement routier et son freinage à 4 disques (technique rare pour l’époque) deviennent des références dans son segment. Seul point faible sur la route, une motricité insuffisante à cause de pneus trop sous-dimensionné. Une monte optionnelle plus généreuse (195/55 R13) fera d'ailleurs son apparition par la suite, pour corriger partiellement ce handicap. Enfin, le confort d'amortissement et la position de conduite sont dans la norme pour une voiture sportive.

 

Les évolutions de la Renault 5 GT Turbo

A part le restylage général (phase 2) de la Renault 5 pour le millésime 1988, la GT Turbo ne connaîtra pas d'évolution majeure. A l'automne 1987 elle se fait un lifting avec de nouveaux boucliers au plastique lisse de la même couleur que la carrosserie. Sa proue intègre une petite lame aérodynamique et des bourrelets en caoutchouc. Le dégradé sur les bas de caisses est modifié et reçoit un marquage "GT Turbo" tandis que liseré rouge disparaît pour mieux affirmer sa propre personnalité face à sa rivale 205 GTI. Les jantes, toujours en 13 pouces de diamètre, gagnent un nouveau dessin à 5 branches.

 

Un becquet arrive sur le haut du hayon. L'intérieur change et adopte les teintes de l'époque pour les voitures sportives : noir et rouge. Cet intérieur ne fait pas l’unanimité, et la moquette rouge rebute certains aficionados. Finalement Renault proposera une moquette grise comme alternative. Les sièges,eux, adoptent un tissu agrémenté d'un motif "triangle" de couleur rouge. L'équipement devient plus complet, avec l’arrivée en série du pack électrique.

 

Sous le capot, pas de grand changement et toujours pas d'injection. Simplement un allumage électronique amélioré et un nouveau carburateur qui apportent un gain de 5 ch de plus. Les performances progressent notablement et la vitesse maxi s'établit désormais à 204 km/h.

 

CONCLUSION

Sans être exempte de défauts (motricité, finition et matériaux) il faut bien reconnaître que la Renault 5 GT Turbo a marqué sa génération par son comportement et les sensations qu’elle offrait bien aidée en cela par un moteur souple et explosif. Elle est même parvenue à contester la suprématie de la légendaire Peugeot 205 GTI malgré une motricité déplorable et une mécanique bien peu moderne.