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NOTRE SAGA YOUNGTIMER : TALBOT SUNBEAM LOTUS (1979-1982)

  • juin 1, 2020
  • sur Alexandre

Comment une petite voiture anglaise compacte et banale produite à la charnière des années 70/80 est devenue une reine des rallyes en remportant même le titre de championne du monde. Sans jamais accéder au succès commercial auprès du grand public.



La genèse

Classique berline anglaise 3 portes la Chrysler Sunbeam, est sortie en 1977 et sa version “Lotus” en 1979. Sa particularité, est d’être une propulsion à une époque où la grande majorité de la production automobile de ce segment s’est déjà converti à la traction avant.

 

Au fur et à mesure des aléas économiques, elle va entamer une valse des patronymes: née Chrysler Sunbeam, elle devient Simca-Chrysler Sunbeam Lotus (puis Talbot-Simca à partir de janvier 1980 et Talbot tout simplement en 1981). La marques ambitionne le championnat du monde des rallyes pour se tailler un nom et un palmarès ! Une première version sportive voit le jour en 1978, animée par un moteur de 1,6 litre délivrant une centaine de chevaux grâce à ses deux carburateurs Weber. Les performances sont intéressantes, mais loin d’être suffisantes pour prétendre à un quelconque palmarès en compétition.

 

Arrive alors Lotus en chevalier blanc!

Conscient des limites de la voiture, Chrysler fait appel à la référence anglaise en matière de voiture de sport : Lotus ! Celui-ci prend la main et installe son moteur-maison sous le capot : un 4 cylindres « double arbre » de 2,2 litres, à 16 soupapes et alimenté par une paire de gros carburateurs Dell’Orto. Le tout associé à une boîte ZF 5 rapports. La puissance grimpe à 150 chevaux et le couple atteint 210 Nm ! La vitesse de pointe dépasse les 200 km/h et les 100km/h sont abattus en …8 secondes.

 

La Talbot Sunbeam Lotus avec son poids plume et ses muscles écrase désormais la concurrence. Mais pour la tenue de route c’est une autre paire de manches. Pour le conducteur moyen ça swingue bien trop dans les virages et pas que les virages. C’est une voiture pour les pilotes, les vrais. A son volant le talentueux Guy Fréquelin va remporter le titre constructeur en championnat du monde des Rallyes en 1981 et le RAC Rallye en Groupe 2 à trois reprises, jusqu’en 1982, date à laquelle sa fabuleuse monture prend sa retraite.

 

Les évolutions

Élitiste, la bête est disponible à sa naissance uniquement en coloris Embassy Black à bandes gris argenté. En 1981, la série 2 reçoit une sellerie noire à bandes grises baptisée Piccadilly et un moteur porté à 155 ch. Pour le millésime 1981, la voiture évolue un peu. Une nouvelle calandre, des phares différents, une sellerie remaniée, un réservoir plus grand et un moteur un peu plus puissant (155 chevaux) sont les principaux ajouts. En fin de carrière, la marque présente une série spéciale « Avon » reconnaissable à sa teinte bleue et noire. Mais les ventes ne parviennent pas à décoller et c’est avec un gros stock d’invendus que Chrysler arrête les frais en 1982.

 

Les ultimes voitures produites seront bradées par des concessionnaires anglais jusqu’en 1983. Au total, 2308 exemplaires de la Sunbeam Lotus seront fabriqués entre 1979 et 1982. Un peu plus de 1100 seront vendues en Grande Bretagne, où elle aura eu le plus de succès. Déjà rare à son époque, la Talbot Sunbeam Lotus est quasi introuvable aujourd’hui. Elle est en tout cas méconnue de la plupart des néophytes, amateurs de Youngtimers.

 

Pourquoi craquer pour elle, aujourd’hui ?

L’intérêt de ce modèle, c’est avant tout son moteur. Ce Lotus 4 cylindres 16 soupapes de 2,2 litres de cylindrée, à deux carburateurs double corps, développant 155 ch.

 

Ensuite sa propulsion qui la rend joueuse. il ne faut pas oublier que la Talbot Sunbeam Lotus est une deux roues motrices arrière avec un pont rigide et sans autobloquant. Le tout associé à un moteur plein de rage. C’est certain, la conduite de cette anglaise ne suscite jamais l'endormissement. Agile et vive, elle se conduit comme une propulsion classique,très survireuse de nature. Un régal pour pilote averti. Mais attention… avec la Talbot Sunbeam Lotus, c’est vraiment sportif. Reste encore un dernier “défaut” à connaître: le freinage qui, avec ses tambours à l'arrière, rend les armes trop vite en conduite rapide.

 

Rare, chère en entretien, élitiste, cette Lotus est-elle faite pour vous ?

 

Credit Image: lotusespritaddiction