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L’HISTOIRE DE LANCIA

  • octobre 16, 2019
  • sur Alexandre

Pour cette marque prestigieuse en train de disparaître comme pour beaucoup d’autres constructeurs déjà disparus, l’histoire de Lancia peut se résumer par ces deux mots: grandeur et décadence. Une belle aventure gâchée!



Les débuts de Lancia

1906 : Vincenzo Lancia, Claudio Fogolin et Davide Aupicci fondent la Lancia & C. Fabbrica Automobili, le 29 novembre 1906, à Turin, Italie.
La nouvelle société loue les ateliers d'un ancien constructeur automobile turinois, Itala.

 

En février 1907, un incendie se déclare dans l'atelier où tout le travail sur plans et le prototype de la première voiture partent en fumée. Ceci repousse au mois de septembre 1907 la présentation de cette première Lancia. La fabrication ne débute réellement qu'en 1908, et le premier châssis 12HP est exposé au 8e Salon International de Turin, le 18 janvier 1908. Le nom de code du véhicule est Tipo 51 mais plus connu sous le patronyme Alpha, première lettre de l'alphabet grec.

 

L’utilisation de l’alphabet grec sera ensuite reprise pour baptiser certains modèles de la marque. Le premier commentaire très élogieux sur cette nouvelle automobile sera le fruit de la revue anglaise Autocar, qui la juge « silencieuse, équipée d'un admirable moteur très souple, bien conçue et superbement bien finie … ».

 

Passation de pouvoir imprévue

Le 15 février 1937, Vincenzo Lancia meurt d'une crise cardiaque, à l'âge de 56 ans. Juste avant la présentation de la toute nouvelle automobile qu'il a personnellement et minutieusement mise au point, l'Aprilia. Celle-ci deviendra un immense succès commercial pour la marque.
Son épouse d’abord, puis son fils (seulement âgé de 13 ans au moment du décès de son père) devenu ingénieur, prennent, tour à tour, la direction de la société.

 

Gianni Lancia, le fils de Vincenzo, prend donc les rennes de l’entreprise en 1947 à l’âge de 23 ans. Il entend poursuivre la même voie que son père en construisant des voitures d’exception. Des voitures de grande classe mais chères. Sa première réalisation est l’Aurelia qui marque l’introduction du moteur V6 à 60°. Mais Gianni Lancia est un accroc de la compétition automobile. Il intègre même la Formule 1, malgré les coûts pharaoniques qu’elle exige.

 

Enthousiasmé par le projet, il consacre l’essentiel des budgets de la firme à l’activité sportive plutôt qu’aux produits, alors qu’il faudrait développer les Aurelia B 20 et B 24. La situation financière devient catastrophique et en juillet 1955, Gianni Lancia offre l’ensemble de l’écurie Lancia à la Scuderia Ferrari : voitures, pilotes, concepteurs et projets!!!

 

1955 nouveau changement pour Lancia

A la fin de 1955, faute de moyens, Gianni Lancia décide de vendre l’entreprise, qu’il cède au groupe Pesenti, le plus gros producteur de ciment d’Italie (Italcementi). Cette période marque la fin de la philosophie de la marque initiée par son père: “construire des voitures d’exception au contenu technique pointu et sophistiqué pour une clientèle exigeante”.

 

A la fin du “règne” de Gianni Lancia, arrive au sein de la direction technique un personnage important, l’ingénieur Antonio Fessia. C’est lui qui, avec Carlo Pesenti aux commandes, sera le concepteur de la Flavia, première traction avant italienne, et de son moteur quatre cylindres à plat. Sortiront successivement la Flaminia (1957), la Flavia (1960), la Fulvia (1963) et la Fulvia coupé (1965), ainsi que leurs dérivés sportifs. Mais le nouvel acquéreur, le groupe Pesenti va se retrouver à son tour dans une situation difficile, aussi bien financièrement qu’en termes de produits vu l’absence de modèles nouveaux.

 

1969, la reprise par Fiat

Le géant transalpin reprend alors Lancia pour la valeur symbolique d’une lire par action !
Giovanni Agnelli promet de maintenir la philosophie de l’entreprise, la réalité sera quelque peu différente. Aujourd’hui encore, les avis divergent pour expliquer à partir de quand le destin de Lancia a été scellé…

 

Pour certain, cela remonte carrément à 1969, lorsque Fiat a pris le contrôle de l’entreprise. Pour d’autres, c’est l’année 1986 qui doit être considérée comme le point de départ de la chute. Car c’est cette année-là que Fiat rachète Alfa Romeo et se retrouve ainsi propriétaire de deux marques à la notoriété comparable, aux identités fortes, mais à la philosophie et aux parcours très différents…
Très vite, Fiat rend publiques les nouvelles orientations stratégiques des deux marques : à Alfa le sport, à Lancia le confort !

 

17 ans plus tard…

En cette année 1986, Lancia va plutôt bien. Sa Delta est plutôt convaincante dans son rôle de compacte haut de gamme et, en dépit d’un âge déjà respectable, elle se trouve au début d’une carrière sportive inattendue qui va voir les HF, Integrale et Integrale 16V se couvrir de gloire, aussi bien sur route ouverte qu’en compétition. Tout commence à l'époque du "groupe B", avant le règne des HF 4WD et HF Integrale en championnat du monde des rallyes catégorie "Groupe A".

 

La firme turinoise remplace la 037 par la Delta S4 pour contrer plus efficacement les championnes que sont les 205 T16 et Audi Quattro Sport. Fidèle à la tradition d’innovation de Lancia, la Delta S4 Stradale est la première voiture de série à utiliser une double suralimentation via un compresseur et un turbo. Son 1,8 litre placé en position centrale arrière, comme la 205 T16, développe 250 ch, alors que celui de la version course culmine à 465 ch. De même mais, on l’a oublié, au milieu des années 80, la Thema turbo est une rivale tout à fait légitime des Audi 200, cela sans parler d’une certaine 8.32, qui fut la dernière voiture de fonction du "Commendatore" Enzo Ferrari et dont le moteur est, tout simplement, celui, dans une version revue par Lancia pour privilégier le couple à bas régimes, de la Ferrari 308 Quattrovalvole !

 

Par la suite, avec la fin de production de la Lybra (2006), puis de la Thesis (2009), les espoirs de Lancia reposent désormais sur la Delta apparue en 2008, ainsi que sur l’Ypsilon une citadine censée lutter avec la Mini et sur son petit monospace citadin, la Musa. Des voitures, qui n’engendrent pas “de roulades sur la moquette”, mais qui, au moins sont authentiquement italiennes…

 

La fin programmée

En 2010, suite à la prise de contrôle de Chrysler par Fiat, Lancia touche le fond. Dépourvu d’ambition pour Lancia, Fiat ressort d’anciens noms de modèles de la marque et se contente de rebadger ainsi quelques modèles du constructeur américain en présentant en Europe la Flavia (un cabriolet Chrysler 200), la Thema (une berline Chrysler 300) et le Voyager, pauvre bougre à qui les dirigeants de Fiat ont laissé son nom d’Outre-Atlantique. C’est avec cet épisode que l’on se rend compte que les gens de chez Fiat n’ont rien compris aux gènes de la marque et à la pépite qu’ils avaient entre leurs mains. Tous ces financiers n’ont pas compris ce qu’était Lancia.

 

Conclusion

Aujourd’hui, Lancia est condamnée à finir ses jours en distribuant des Ypsilon et encore seulement sur le marché italien exclusivement. La fin de la marque n’est plus qu’une question de mois. Le géant Fiat ne sait plus quoi faire de Lancia. Le nom reste sa propriété, mais espérons qu’un jour, peut-être, une belle italienne fasse résonner à nouveau brillamment ce patronyme si chargé d’histoire.

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