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POURQUOI AUSSI PEU D’AUTOMOBILES DIESEL AUX USA ?

  • mars 5, 2020
  • sur Alexandre

Sur les routes américaines ce sont surtout les poids lourds et les véhicules utilitaires qui fonctionnent au gas-oil. Les voitures particulières, elles, roulent massivement avec de l’essence. Mais pourquoi ?



Remontons quelques années en arrière

La faible puissance des premiers moteurs et le caractère rugueux en utilisation de ces motorisations bruyantes ne plaidaient pas vraiment pour les motorisations diesel.

 

Alors pour faire oublier cela, au début des années 1970, Mercedes décide de sortir le diesel de son image agricole et industrielle aux USA en proposant ses modèles classe S et classe E avec des motorisations turbo diesel. GM de son côté se lance avec quelques modèles de sa marque Oldsmobile en “diésélisant” des V6 et V8. Chez Ford, on préfère tenter le succès en s’appuyant sur des moteurs Mazda et BMW. Finalement, une des expériences les plus réussie est l’exploit dans ces années-là de Peugeot qui remporte un appel d’offre pour équiper les flottes de taxi de New-York et Los Angeles grâce à sa proposition de 505 Turbo Diesel à boîte automatique.

 

Mais toutes ces tentatives ne seront que des feux de paille et ne parviendront pas à fonctionner vraiment sur la durée.
A noter, par contre que dans le milieu des utilitaires comme les camions et les pick up les motorisations diesel n’ont jamais disparu.

 

Alors pourquoi toujours aussi peu de véhicules particuliers vendus avec cette motorisation?

Contrairement à l’Europe, l’intérêt pour les motorisations diesel est plutôt limité, voire inexistant aux USA.
Première cause: le gazole à la pompe y est plus cher que l’essence. Parfois notamment dans les états du sud on trouve même un écart de prix de 50% en faveur de l’essence.

 

moteur diesel

Aux Etats-Unis, le diesel est plus taxé que l’essence (environ 25% plus). C’est l’inverse qui prévaut en France, où le diesel est moins taxé que l’essence. Dans notre pays, cet avantage fiscal remonte aux années 1960, et visait à soutenir l’activité économique. A cette époque le gas oil est LE carburant principal pour les agriculteurs et les transporteurs routiers.

 

Aux Etats-Unis, la raison de la sur-taxation du diesel remonte au début des années 1980. L’administration Reagan est à la recherche de financements pour la rénovation des autoroutes. Le Congrès vote une taxe sur les poids-lourds. Mais les chauffeurs résistent et des grèves parfois violentes en résultent. Finalement ils obtiennent une victoire partielle: la taxe sur les poids-lourds est remplacée en 1984 par une taxe sur le diesel. Cette taxe fédérale est toujours en vigueur aujourd’hui et elle dispose même du soutien efficace du lobby des transporteurs routiers (American Trucking Associations). Celui-ci milite même pour son augmentation afin d’assurer un financement durable des autoroutes américaines, si nécessaires à leur activité.

 

Mais cette surtaxe représente seulement une partie du surcoût du diesel. Le reste est directement dû à la très faible part de marché de ce carburant aux Etats-Unis: le raffinage y est beaucoup moins répandu, et donc plus coûteux que celui de l’essence. Bref, le diesel y est plus cher parce que moins répandu et il est moins répandu parce que plus cher…Un cercle vicieux.

 

Et pour l’avenir ?

Le Dieselgate de Volkswagen a porté un mauvais coup aux ventes des véhicules diesel aux Etats-Unis. En dehors des utilitaires légers, les ventes de cette motorisation ont baissé de plus de 80%. Mais un rebond pourrait-être attendu et même anticipé à moyen terme.
Les constructeurs ont poursuivi l’homologation et la commercialisation de nouvelles motorisations diesel malgré les doutes et les annonces de ces derniers mois.

 

Les modèles fonctionnant au gazole sont plus nombreux même si l’image de ce type de motorisation est plutôt abîmée. Malgré aussi le prix bas de l’essence à la pompe et le gas-oil qui lui en plus ne se trouve pas dans toutes les stations service.

 

Les modèles diesel restent quand même dans les catalogues et bénéficient d’une offre plus large car les lancements sont maintenus. Cependant, les nuages sont nombreux pour les futures générations de modèles. En effet, les constructeurs américains sont en pleine crise et rationalisent leurs gammes et les parts de marché du diesel sont très faibles pour les voitures particulières (mais en hausse pour les utilitaires légers). L’avenir du Diesel en Amérique du Nord dépend de nombreux facteurs tels que l’évolution des normes contraignantes, les variations du prix du pétrole, la recherche dans les nouvelles technologies utilisant des carburants connus et la suppression des subventions pour les motorisations électriques.
L’avenir nous réserve peut-être des surprises.

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