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Amédée GORDINI, Légende de l’Automobile Française

  • octobre 3, 2019
  • sur Alexandre

Pour l’éternité (automobile) le nom d’Amédée Gordini est à jamais associé au monde des Rallyes et surtout à la Renault 8 à qui il a donné son patronyme.



Bref rappel historique de la vie de ce génie de la mécanique

Amédée Gordini, est né Amedeo Gordini le 23 juin 1899 en Italie. Naturalisé français dans les années 50, il est successivement mécanicien, pilote et enfin préparateur. Il collabore d’abord avec Fiat et Simca avant d’entrer dans la légende en collaborant avec Renault d’abord pour le modèle Dauphine puis pour le programme de la R8 en rallye. Suivront les R12 puis R17 toujours agrémentées du célèbre nom pour les versions les plus sportives. Surnommé à juste titre “Le Sorcier”, Amédée Gordini décède à 80 ans le 25 mai 1979 à Paris, ville qui depuis a donné son nom à une place près de la porte de Versailles.

 

Mais évoquons sa plus belle réalisation, cette “madeleine de Proust” de toute une génération:

 

La R8 Gordini

Pour les Baby-Boomers français la « Gordoche » reste LA sportive de leur jeunesse.
Bien avant une certaine Golf GTI, la R8 Gordini, cette auto, au profil de boîte à chaussures de couleur Bleu France, fut l’objet de bien des lettres au Père Noël.
Dès la sortie de la R8 « de base » en 1962, Renault confie le développement moteur de sa future sportive au préparateur Amédée Gordini, qualifié respectueusement de sorcier pour ses capacités à transcender les mécaniques les plus roturières.

 

L’objectif est de créer une voiture sportive à petit budget, directement dérivée d’un modèle de série, afin qu’un maximum de fanatiques de pilotage puissent assouvir leur passion sans y laisser toutes leurs économies. En fait le petit moteur de base de 958 cm3, sans avoir des performances renversantes, constitue une excellente base de travail pour Amédée Gordini car ce moteur est en novateur pour l’époque avec un vilebrequin à 5 paliers et des chemises humides et amovibles. D’emblée le sorcier porte la cylindrée à 998 cm3 et la puissance de 78 ch à 94 ch.

 

Et en octobre 1964 la R8 Gordini 1100cm3 qui revendique 170 km/h est présentée à la presse dans sa livrée bleue et ses deux bandes blanches qui vont de l’extrême avant à l’extrême arrière, côté conducteur. Avec sa boîte à quatre vitesses synchronisées elle abat le kilomètre départ arrêté en 33 secondes et le 400m en 18 secondes. Mais avec un excellent freinage garanti par 4 freins à disques, équipement rare pour l’époque.

 

La présentation extérieure est aguichante mais pas l’intérieur, un tantinet spartiate. Mais l’amateur de petite sportive, lui s’en satisfait car l’essentiel est présent: compteur gradué jusqu’à 200 km/h, compte-tour électronique , température d’eau et jauge à essence. Particularité de cette "tout à l’arrière” , une position de conduite décalée vers la droite car les pédales ne sont pas dans l’alignement du volant.

 

Autre détail, celui-là bien pensé,une poignée de maintien pour le passager avant. Bien que sportive c’est une auto qui reste polyvalente: elle peut transporter quatre adultes et leurs bagages, le coffre est à l’avant 240dm3 et une petite place derrière la banquette arrière ajoute 50dm3 pour les bagages.

 

Héritière des 4CV et Dauphine, la R8 est équipée d'un moteur positionné en porte à faux arrière qui dicte la tenue de route. La R8 pèse à peine 800 kg dont 510 sur l’arrière. Autant dire que la direction est légère tout comme la tenue de route.Très survireuse, la R8 doit passer tous les virages en dérive et en accélération. Sueurs froides garanties, mais excellente école de conduite.

 

Après 26000 exemplaires produits, la bête prend encore plus de muscles en 1967 avec une version 1300cm3: moteur plus coupleux, boîte 5 vitesses, nouveau volant et nouvelle planche de bord.
La carrière de cette auto mythique en course reste inégalée d’autant que dès 1965 à l’initiative de la revue Moteurs, une coupe R8 est créée. C’est une innovation pour l’époque (les pilotes s’affrontent sur un circuit à armes égales avec des voitures complètement identiques).

 

Cette épreuve qui durera jusqu’en 1970 permet de révéler quelques jeunes talents devenus eux-aussi légendaires tels les Andruet, Jarrier, Jabouille, Serpaggi, Ragnotti, Darniche, Snobeck , etc, etc.
En juillet 1970, la R8 Gordini fait ses derniers tours de roues officiels, laissant la place à une terne R12 Gordini qui avec son "tout à l’avant" ne peut consoler les puristes de la fin de leur idole.

 

Le Sorcier nous a quitté il y a quarante ans et le monde automobile a bien changé depuis. Mais on dit que les légendes ne meurent jamais, c’est sûrement vrai pour le petit italien de Bazzano près de Bologne.

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