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PANHARD 24 CT : RETOUR VERS LE FUTUR

  • mars 15, 2019
  • sur Alexandre

Elle fait partie des plus jolies voitures produites en grande série, mais pour son malheur la Panhard 24 est passée à côté de la légende. Succès de style, mais échec commercial, elle a fini sa carrière en 1967 en même temps que sa maison mère Panhard et Levassor, la doyenne des marques françaises née en 1890.



Panhard, un peu d’histoire

En 1959, la marque Panhard et Levassor, moribonde quelques années avant, a déjà été rachetée par Citroën. Au moment du lancement de la PL 17, Panhard voit déjà plus loin pour l’avenir et réfléchit à l’automobile qui doit succéder à ce nouveau modèle qu’il met sur le marché. Citroën, alors, s’oppose formellement à l’étude d’une nouvelle berline qui risquerait de concurrencer surtout ses ID ainsi que la future Ami 6 et un peu sa DS. Il est donc décidé de lancer un modèle coupé.Louis Bionier, dessinateur des Panhard depuis les années 1930, assisté de René Ducassou-Pehau et André Jouan, réalise là son chef-d’œuvre. Les doubles optiques avant (non orientables) sont protégées par une vitre, principe qui sera repris par la DS à partir de 1967. Le toit est plat, la face avant est lisse, avec une fine entrée d'air intégrée au pare-chocs et un jonc chromé tout autour de la carrosserie. La silhouette très basse et élancée est une réussite.

 

Panhard 24 CT, une voiture futuriste dans la veine des DS Citroën

Dévoilée le 24 juin 1963, la nouvelle Panhard est unanimement saluée pour la beauté et la modernité de ses lignes. Même, les détracteurs habituels de la marque tombent sous le charme. C'est vrai, qu'elle est plutôt agréable à regarder dans le paysage automobile français de l'époque. Louis Bionier qui s'est déjà signalé par des réalisations résolument d'avant-garde, comme le prototype Dynavia ultra profilé de 1948, n'a pas d'autres choix que séduire et surprendre.

 

panhard 1964 24ct arriere

Panhard 1964 24ct

L'avant, finement profilé avec un capot plongeant, des optiques doubles en amande et une discrète prise d'air noyée dans le pare-chocs, se conjuguent avec la ligne saillante de la caisse, le toit plat et la fluidité de la poupe. L'importante surface vitrée enserrée entre de fins montants, l'absence de gouttières, les voies larges et les jantes de quinze pouces lui donnent un aspect très actuel. Presque du "bio-design" avant l'heure ! Son habitacle vaste et lumineux est tout aussi séduisant. Se voulant à la fois raffiné et sportif, il déborde d'ingéniosité et de bons plans : siège conducteur et volant réglables offrant plus 1700 combinaisons, planche de bord débordant de cadrans, système de ventilation et chauffage dissimulé dans les garnitures intérieures…

 

Toute en superlatif !

L’équipement est très riche, les sièges avant sont réglables en hauteur, longueur et inclinaison. La banquette arrière est rabattable, le miroir de courtoisie du pare-soleil passager est éclairé. La roue de secours se trouve à l'abri de la saleté, dans une trappe sous le coffre très vaste. Les accoudoirs des portes sont prolongés par une lampe qui s’allume à l'ouverture des portières. Il y a même un thermomètre sur le couvercle de la boîte à gants.Petit plus (inexistant sur l’immense majorité de la production hexagonale), le volant est réglable en profondeur. Quant au chauffage, très ingénieux, il est assuré par des prises d'air au niveau des cylindres et distribué grâce à des canalisations ceinturant l’habitacle, soufflant l'air vers le pare-brise ou la lunette arrière. Il est dirigé par une commande rotative sur le tableau de bord.

 

Malgré ses nombreux points positifs, elle est trop futuriste et arrive trop tôt dans le paysage automobile français, et trop tard pour sauver la marque Panhard et Levassor. Dommage pour elle, la 24 CT est passée de peu à côté de la gloire.

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